Blender participe au cinéma professionnel depuis plus de vingt ans, souvent de façon invisible. Cette page sépare les vrais niveaux d'utilisation, de la prévisualisation sur Spider-Man 2 en 2004 jusqu'à Flow, Oscar du meilleur film d'animation.
Cinq types de « film Blender »
Les moteurs de recherche mélangent en permanence « un réalisateur qui utilise Blender » et « un film fait avec Blender ». Cette classification garde la liste honnête.
AFull Blender
Blender est le logiciel 3D principal, ou presque tout le pipeline.
BBlender au coeur de l'animation
Le rendu final peut être 2D ou terminé ailleurs, mais Blender structure la fabrication du film.
CBrique importante du pipeline
Blender prend en charge des parties significatives de la production, aux côtés d'autres outils.
DVFX Blender
Films en prises de vues réelles dont tout ou partie des effets visuels ont été faits dans Blender.
EPreviz / storyboard / layout
Blender utilisé en amont : animatiques, prévisualisation, layout.
La chronologie qui change l'histoire
Le récit intéressant n'est pas « Blender est devenu assez bon récemment pour le cinéma ». Blender est présent dans des productions professionnelles depuis 2004.
2004
Spider-Man 2 : prévisualisation
2005
Un long métrage 35 mm dont tous les VFX sont faits dans Blender
2006
Elephants Dream, le premier Open Movie
2009
Un film nommé aux Oscars utilise Blender
2010
Plumíferos, le premier long métrage CG en Blender
2018
Next Gen, un long métrage Netflix quasiment 100 % Blender
2019
J'ai perdu mon corps, nommé aux Oscars
2022
Blender dans le workflow VFX d'un Oscar du meilleur film
2024/25
Flow remporte l'Oscar du meilleur film d'animation
Les longs métrages les plus importants
2004Previz / storyboard / layout
Spider-Man 2
Animatiques et prévisualisation pour le storyboard
Sans doute le premier jalon hollywoodien documenté. Blender a servi aux animatiques et à la previz, pas aux effets visuels finaux. La formulation juste est « Blender était déjà utilisé sur la production de Spider-Man 2 en 2004 », pas « Spider-Man 2 a été fait avec Blender ».
Tous les effets visuels produits dans Blender par Digital Graphics
Historiquement l'un des cas les plus solides. Le studio belge Digital Graphics a produit l'intégralité des effets visuels de ce long métrage 35 mm avec Blender sous Linux. On le présente régulièrement comme le premier long métrage 35 mm dont tous les VFX ont été réalisés avec Blender.
Une étape importante vers l'animation internationale de prestige. Digital Graphics a utilisé Blender pour une part des effets 2D et 3D du film de Tomm Moore, nommé à l'Oscar du meilleur film d'animation. Ce n'est pas un « film Blender » au sens de Flow, mais Blender fait bien partie de son pipeline.
Modélisation, animation, éclairage et rendu dans Blender sous Linux
Historiquement majeur et presque oublié. Ce long métrage argentin a utilisé Blender pour ses modèles 3D, son animation, son éclairage et son rendu, avec une chaîne open source sous Linux. Il est généralement considéré comme le premier long métrage commercial entièrement animé avec Blender.
Animation produite chez Tangent Animation avec Blender
Coproduit en partie par Tangent Animation au Canada, avec une animation réalisée dans Blender pour un budget annoncé autour de 8,5 millions de dollars. Il compte parce que Tangent a ensuite poussé le pipeline Blender beaucoup plus loin.
Pipeline Tangent décrit comme « quasiment 100 % Blender »
Sans doute la première vraie démonstration moderne de Blender sur un grand long métrage CG. Jeff Bell, de Tangent, décrivait leur pipeline comme « effectivement 100 % Blender », avec quelques applications supplémentaires pour certains départements. Pas « on a modélisé trois props dans Blender » : Blender était le coeur de la production.
Décors et personnages 3D, animation et caméras dans Blender avant traitement 2D
Passionnant parce que Blender y est employé d'une tout autre manière. Jérémy Clapin a modélisé les décors en 3D, gardé des personnages simples, les a animés en CG, posé les caméras et mis en scène dans Blender, puis construit le rendu dessiné final par dessus. Résultat : Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes, Cristal d'Annecy, deux Césars et une nomination à l'Oscar.
Blender dans le pipeline hybride 2D/3D, notamment les séquences Wolfvision
L'équipe a construit les environnements en 3D avec Quill et Blender pour fixer caméras et mouvements, puis a redessiné les images au crayon et au fusain pour garder le rendu artisanal. Une belle leçon pour les débutants : Blender ne veut pas forcément dire rendu 3D final.
Blender utilisé par la petite équipe VFX sur certains effets et éléments CG
Un film oscarisé en prises de vues réelles avec près de 500 plans VFX, dont une énorme part portée par une équipe minuscule. Zak Stoltz a commencé à utiliser Blender sur ce film, pour des effets de particules, avec d'autres éléments CG composités dans After Effects.
Pipeline de production construit autour de Blender, notamment EEVEE
Sans doute le meilleur ambassadeur de Blender aujourd'hui. Gints Zilbalodis travaillait auparavant sous Maya et est passé à Blender vers 2019, après son premier long métrage Away, séduit par EEVEE et le temps réel. Sur Flow, Blender est devenu central, et le film a remporté l'Oscar du meilleur film d'animation et le César du meilleur film d'animation.
Ils méritent leur propre catégorie : une filmographie expérimentale créée pour développer Blender lui même. Le Blender Studio conserve une quantité énorme de fichiers de production, rigs, décors, tests d'animation, éclairage, compositing et breakdowns pour chaque projet.
C'est là que la recherche devient presque sans fin. Beaucoup de productions indépendantes revendiquent Blender, mais chacune demande une source de niveau production avant d'entrer dans une base certifiée.
Souvent cités dans l'écosystème Blender, mais pas étiquetés « Blender confirmé » ici tant qu'une source de production n'a pas été trouvée pour chacun.
The PassengerR'haAlikeDynamo DreamProject LondonStar Wreck: In the PirkinningThe NingyoProspectIron Sky
Envie de travailler comme ces studios ?
Les pipelines derrière Flow, Next Gen et les open movies reposent sur des compétences qui s'apprennent : modélisation, animation, éclairage, rendu et compositing dans Blender.